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Battue
par son mari, une femme est poursuivie en justice ! ! !
Une femme battue peut-elle
quitter le domicile familial avec ses trois enfants mineurs pour
se soustraire aux graves violences que lui faisait subir son époux
depuis plusieurs années ?
Peut-elle vouloir conserver la
confidentialité de sa nouvelle adresse pour se mettre à
l’abri d’éventuelles nouvelles violences de son
époux, dès lors que ses plaintes ont été
classées sans suite ? C’est ce que Mme K. a cru
pouvoir faire en introduisant, par ailleurs, une procédure
de divorce contre son mari…
Après avoir obtenu une ordonnance
de non-conciliation lui attribuant en exclusivité l’autorité
parentale, grande a été sa surprise de connaître
la décision finale du Tribunal prononçant la nullité
de la procédure au motif que "Mme K. a volontairement
dissimulé les coordonnées de son domicile dans les
actes de la présente procédure."
Sa
surprise a été d’autant plus grande, qu’elle
était dans le même temps assignée à comparaître
devant la juridiction pénale pour “soustraction des
enfants à l’autorité parentale”.
Elle encourt pour cela une peine
d’un an d’emprisonnement et une amende de 15 000 €.
Signalons, à ce sujet, que
pendant toute la durée de la procédure de divorce,
Mr K. n’avait jamais demandé à bénéficier
d’un droit de visite et d’hébergement… pas
plus qu’il n’avait fait appel de l’ordonnance de
non-conciliation attribuant exclusivement à Mme K. l’autorité
parentale…
Cette affaire connaît, par
ailleurs, un autre développement qui concerne, cette fois,
l’association SEDIRE (relevant de la Fédération
Nationale Solidarité Femmes) qui a contribué à
satisfaire la demande d’éloignement géographique
de Mme K. et de ses enfants et le respect de la confidentialité
de sa nouvelle adresse.
Cette association est, en effet,
également citée à comparaître devant
la juridiction pénale pour "soustraction des enfants
à l’autorité parentale". La peine encourue
est de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.
Mme K. a fait appel du jugement
du Tribunal de Dunkerque qui a prononcé la nullité
de la procédure de divorce qu’elle a introduite.
Le 8 décembre prochain aura
lieu à Dunkerque le procès pénal de l’association
SEDIRE et de sa directrice. Nous devons toutes et tous, nous mobiliser
pour médiatiser cette affaire le plus largement possible.
Alors que la loi autorise les plaignants
à se domicilier notamment au commissariat où leur
plainte est déposée afin d’être préservés
d’éventuelles mesures de rétorsion, le Code Pénal
fait obligation aux mères de notifier au père de leurs
enfants tout changement d’adresse…
Dès lors, une question se
pose : une femme victime de graves violences conjugales ne doit-elle
pas bénéficier d’une protection légale
au moins équivalente à celle d’un citoyen ordinaire
?
En soutien au procès
de SEDIRE, le 8 décembre prochain, l’association APIAF
a mis en ligne un
site web, sur lequel vous pouvez signer une
pétition.
Emmanuelle Ausina
Novembre 2006
Les mariages forcés
: lutte contre un phénomène social préoccupant
La pratique des mariages forcés constitue encore aujourd'hui
en France un phénomène social particulièrement
préoccupant.
D'après le Haut Conseil à l'Intégration, on
évalue à 70 000 le nombre d'adolescents de 10 à
18 ans potentiellement menacés par un mariage forcé
; et même si le sujet reste encore tabou, toutes les associations
constatent une augmentation du nombre de mariages de ce type.
Selon la génération, le modèle d'éducation
choisi, les relations matrimoniales diffèrentes, pouvant
aller dans les situations extrêmes jusqu'à la séquestration,
le viol, des grossesses non désirées et d’autres
formes graves de violences, physiques et psychologiques. Le mariage
forcé est une réalité devant laquelle nous
ne pouvons pas rester inactifs.
A l'occasion de nos permanences juridiques, je reçois au
CODIF beaucoup de jeunes filles victimes de ces pratiques. Nous
étudions, ensemble, les moyens juridiques pour faire annuler
leur union mais il est souvent difficile de réunir les preuves
que leur consentement a été obtenu sous la contrainte.
Cette situation étant inacceptable, nous attachons une grande
importance à faire de la prévention pour lutter contre
ce phénomène. Nous informons les filles et les garçons
de leur droit à décider librement de se marier ou
non et à choisir librement leur conjoint. Nous leur indiquons
aussi des mesures de protection matérielle et juridique ainsi
que des structures adaptées pouvant leur assurer une aide
efficace.
Par ailleurs nous envisageons dans un proche avenir une plus large
diffusion des actions menées par notre association dans ce
domaine.
Emmanuelle Ausina,
Informatrice juridique.
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